Ce mois-ci, 4 lectures autour de l’IA, non pas pour annoncer la fin du monde ou celle des dev, mais pour remettre un peu de nuance dans le débat. Terminologie, impact sur le métier, futur du frontend ou usages selon le genre : des articles pour échapper à la vision homogène et magique de l'IA. Let's read !
Hello les ami.e.s,
Ce mois-ci, les 4 articles que j’ai retenus ont tous un point commun et ce n’est pas fait exprès. Alors oui, ils parlent d’IA, mais ils en parlent surtout pour apporter de la nuance et ne pas la considérer comme un “élixir magique et homogène”.
Le premier article, signé Alexa Steinbrück, plaide pour davantage de précision dans la manière dont on parle de l’IA : “Talking about ‘AI’ – a call for more nuanced terminology” s’adresse avant tout aux journalistes mais concerne tout le monde et je la rejoins sur l’importance de l’enjeu: si on veut assurer un débat public qui a du sens et si on veut parler des risques, des limites, des régulations, il va falloir définir nos usages du terme “IA” et différentier les technologies, les acteurs et les ressources que l’on met dans ce terme.
Le rapport de The Pragmatic Engineer, conclusion de leur grande étude des usages des outils IA chez les dev, est un bon début de nuance sur le sujet: “AI’s impact on software engineers in 2026: key trends” se focalise sur les tradeoffs de l’IA: quels compromis en matière de productivité, de qualité de code, etc. Car à nouveau, tout est affaire de compromis et spoiler, les dev ont encore de beaux jours devant eux.
C’est ce que creuse davantage Yangshun Tay, un dev que je vous encourage particulièrement à suivre car ses réflexions sont à chaque fois précises et pertinentes: “Frontend isn't dead, but your focus needs to change” passe en revue avec précision et simplicité pourquoi les dev (et spécifiquement les frontends) ont encore du taf et quel est ce travail exactement, en introduisant de la nuance sur « ce qu’est le frontend » (car, merci de le souligner, les enjeux frontend ne sont pas tout à fait les mêmes entre un agenda en ligne, Google docs ou un blog).
Pour terminer ce focus sur la nuance, je me suis intéressée récemment aux études sur les différences de genre dans l’usage de l’IA. On sait que les biais de genre existent en ce qui concerne les contenus produits par les LLM, mais l’influence du genre sur la manière de consommer et d’utiliser ces outils reste encore peu explorée et c’est bien dommage. Mara Bolis fait un état des lieux sur cette question dans “The AI Gender Paradox” : pourquoi les femmes utilisent moins l’IA? En quoi leurs usages sont différents de ceux des hommes (on a par exemple remarqué que les femmes étaient plus “polies” dans leurs requêtes aux modèles…) ? Quels sont les enjeux de ce gender gap ?
Si vous avez des reco d’articles, n’hésitez pas à me les transférer et évidemment, si on vous a transféré cet email, n’oubliez pas de vous abonner 💜.
✨ Franziska Hinkelmann ✨
J’ai découvert le travail de Franziska Hinkelmann lors de mes récentes recherches sur V8, car Franziska Hinkelmann est une spécialiste de Node.js et de V8. Elle travaille chez Google au sein de l’équipe Cloud Platform, mais elle est surtout membre du comité de pilotage technique de Node.js et auparavant, elle travaillait dans l'équipe Chrome V8. C’est donc une experte en performances et en fonctionnement du JS côté serveur.
Elle a un super blog, sur lequel elle parle évidemment de perf nodejs et de v8, mais aussi d’IA et de management. Des sujets que vous pouvez aussi retrouver en vidéo si le format écrit ne vous convient pas, avec par exemple “Speed, speed, speed : Javascript vs C++ vs WebAssembly”.
C’est pour moi actuellement une des personnes les plus pointues sur le sujet, qui met à disposition un contenu pourtant très compréhensible et pédagogique.
Dans la liste des projets, librairies et langages informatiques maintenus par peu de personnes, j’ai ajouté dernièrement: Bash.
Peut-être aviez vous déjà entendu que certaines des librairies ou des outils qui soutiennent nos écosystèmes informatiques sont maintenus par une poignée de gens et ce souvent de manière bénévole: la DB des timezones (oui, les gens ont des hobbys bizarres, on juge pas), SQLite, cURL, lodash…
Cette semaine j’ai ajouté Bash à la liste: le projet a été créé par Brian Fox à la fin des années 1980 pour le projet GNU. Depuis le début des années 1990, le projet repose de façon très concentrée sur un seul mainteneur principal, Chet Ramey.
Voilà, quasiment la totalité des terminaux Linux dans le monde reposent sur le hobby d’un dude en Ohio depuis 1990.
Virtual OS museum - Browsers Treat Big Sites Differently - Les jeux olympiques sous stéroïdes - Au final l’IA ne va pas prendre nos jobs apparemment
Snif, c’est fini. On se retrouve le mois prochain, en espérant que nos cerveaux n’auront pas fondu sous la chaleur.